SOPK et traitement naturel : c’est avant tout comprendre les dysfonctionnements pour savoir où sont les priorités et agir naturellement en parallèle de la prise en charge médicale.

Vous souffrez de SOPK ? Vos règles sont douloureuses ou irrégulières voire même absentes ?

L’acné s’aggrave ? Vous perdez de plus en plus de cheveux et votre pilosité augmente ?

Vous prenez du poids ? Vous vous sentez mal dans votre corps ou émotionnellement ?

Vous rencontrez des difficultés pour avoir un enfant ?

Je vous explique dans cet article l’importance de l’accompagnement complet à la fois médical et avec les techniques de la naturopathie.

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SOPK et traitement naturel : est-ce possible ?

Le diagnostic doit être posé rapidement

Le syndrome des ovaires polykystiques est une maladie courante en France dont les complications sont importantes : infertilité, surpoids, diabète et troubles cardiovasculaires. En général, les premiers signes apparaissent dès la puberté : retard ou absence de règles, douleurs, acné et augmentation de la pilosité. Le diagnostic ne vient que bien plus tard, souvent lorsque le désir d’enfant est là mais qu’il tarde à se réaliser. Alors commencent les rdv médicaux et l’accompagnement à la procréation.

Le SOPK doit être diagnostiqué le plus tôt possible. Si vous avez les signes de SOPK, renseignez-vous auprès de votre gynécologue.

Une fois le diagnostic posé, le suivi médical doit être régulier.

Voir aussi l’article : SOPK et naturopathie

L’accompagnement est médical et naturel

Dès la puberté, si les règles sont irrégulières, douloureuses ou qu’il y a d’autres signes, c’est qu’il y a un problème ! La jeune fille ne doit pas rester dans cet état car le dérèglement hormonal ne peut que s’aggraver.

Un premier rdv gynécologique avec une sage-femme ou un gynécologue est alors nécessaire pour vérifier que les troubles sont d’ordre fonctionnel et non venant d’un problème plus profond.

Un accompagnement en naturopathie est aussi indispensable pour aider la jeune fille à retrouver l’équilibre hormonal normal et comprendre d’où viennent les dysfonctionnements. Plus c’est pris tôt, plus c’est rapide. Mais même après des années de SOPK, un accompagnement et traitement naturel est toujours possible et permet souvent d’améliorer. Il complète l’approche médicale proposée.

Voir aussi l’article : Syndrome prémenstruel et naturopathie

Le SOPK, est-ce génétique ou épigénétique ?

Le SOPK est à la fois une maladie génétique et épigénétique. L’hérédité est clairement établie. Dans plus de 60% des cas, les filles dont la mère est atteinte de SOPK développent elles-mêmes des symptômes. Mais cela n’explique pas tout ! Et c’est là que l’épigénétique intervient.

L’épigénétique, c’est la modification du génome et l’expression de certains gènes en fonction de l’environnement. Ça veut dire quoi ? Cela veut qui selon les habitudes de vie et le fonctionnement de l’organisme, certains gènes peuvent s’exprimer et provoquer des dérèglements. Dans le cas de SOPK familial, un environnement sain diminue donc le risque d’expression de ces gènes.   

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Un traitement naturel du SOPK : l’alimentation

Optez pour une alimentation nutritive et antiinflammatoire

L’alimentation est le pilier numéro 1 de la santé. Les aliments apportent les nutriments nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme. Si l’alimentation est pauvre en nutriments, ce qui est souvent le cas aujourd’hui, le corps est en souffrance et les dérèglements surviennent.

L’alimentation moderne est souvent très inflammatoire. Les aliments industriels sont excessivement gras, salés, sucrés, bourrés d’additifs et pauvres en nutriments. Les graisses saturées qu’ils contiennent favorise l’inflammation chronique. Ce sont par exemple les : plats préparés, biscuits, céréales du petit déjeuner, sodas, desserts lactés…

Difficile donc de répondre aux besoins de votre corps sans créer de l’inflammation et des carences.

Une alimentation nutritive et antiinflammatoire est proposée en accompagnement du SOPK :

  • Eau filtrée, infusions, thé vert bio
  • Fruits de saison hors ou au repas
  • Légumes crus et cuits à chaque repas
  • Céréales complètes ou semi-complètes : riz, sarrasin, quinoa, pâtes, farine, pain T80au levain
  • Oléagineux : amandes, noisettes, noix, noix du brésil, huiles de colza, noix, lin, purée d’amande
  • Protéines animales et végétales de qualité : poissons gras, œufs, viande blanche, légumineuses (petits pois, lentilles…)
  • Produits bio ou naturels, de saison et frais

Une alimentation équilibrée fournit une grande variété de nutriments essentiels en cas de SOPK : fer, magnésium, zinc, iode, oméga 3, antioxydants… La mastication permet alors d’en extraire un maximum et de limiter les risques d’inflammation au niveau intestinal.

Voir aussi la vidéo « Aliments et douleurs menstruelles » pour comprendre l’impact de l’alimentation sur l’inflammation et les douleurs

Adoptez une alimentation à index glycémique bas

Dans 70% des cas de SOPK, il y a une résistance à l’insuline sous-jacente. Le pancréas se fatigue à produire l’insuline nécessaire à faire baisser la glycémie du sang. Les risques à long terme sont majeurs : syndrome métabolique, diabète, maladies cardiovasculaires.

Évitez donc les aliments à index glycémique haut pour stabiliser la glycémie, diminuer l’inflammation et freiner le développement du SOPK :

  • Sucre ajouté : sucre blanc, sucre roux, sucre en morceaux, bonbons, confiture
  • Biscuits, gâteaux, viennoiseries, brioche
  • Aliments industriels : sauces, ketchup, pizzas, plats préparés, céréales du petit déjeuner, desserts lactés
  • Boissons sucrées : sodas, jus de fruits, bière
  • Céréales raffinées : pain blanc, pâtes blanches, baguette, riz blanc
  • Farineux trop cuits : purée de pommes de terre, frites, frites de patate douce

Pensez à des modes de cuisson plus doux : vapeur, mitonné, cuisson en papillote. Et surtout, cuisinez vous-même les aliments bruts : fruits, légumes, céréales complètes, etc.

Favorisez les bons lipides

Les matières grasses sont souvent boudées chez les femmes en surpoids alors que ça devrait être tout le contraire ! Les acides gras riches en oméga 3 sont nécessaires à l’équilibre cellulaire, surtout en cas de surpoids. Ils ont également une action antiinflammatoire majeure. Et puisque l’on sait que SOPK rime avec prise de poids abdominal et inflammation, il ne faut pas négliger les bonnes graisses.

Mangez plus de :

  • Amandes, noisettes, noix : 1 poignée par jour environ
  • Huile d’olive : pour les cuissons douces
  • Huiles végétales riches en oméga 3 comme le colza, la noix ou le lin : l’équivalent de 3 cuillères à soupe par jour à ajouter crue directement dans l’assiette
  • Poissons gras plusieurs fois par semaine :  sardine, maquereau, hareng, anchois
  • Purées d’oléagineux non sucrées : amandes, noisettes, sésame

Évitez les :

  • Aliments industriels riches en graisses saturées
  • Huiles d’arachide, tournesol et la cuisson au beurre
  • Produits laitiers

Chassez les perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui perturbent le fonctionnement du système hormonal. Nous sommes de plus en plus exposés à ces polluants et cela commence dès la grossesse. Leur élimination nécessite une bonne détoxication du foie qui est lui-même déjà fort sollicité.

Limitez les :

  • Ustensiles en plastiques : boîtes, cuillères, planches à découper
  • Matériel en téflon : casserole, poêle avec revêtement antiadhésif, vestes déperlantes
  • Pesticides et additifs : aliments conventionnels non bio, aliments industriels transformés
  • Eau du robinet
  • Cosmétique classique : fond de teint, crèmes, maquillage
  • Vêtements neufs
  • Meubles neufs
  • Peintures classiques

Pensez à changer votre matériel de cuisine et acheter des vêtements ou du mobilier d’occasion. Pour le textile neuf, pensez à le laver au moins 5 fois avant de l’utiliser.

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SOPK : traitement naturel selon vos priorités

Le diagnostic médical qui associe prise de sang complète et échographie peut vous permettre de cibler vos dysfonctionnements : la résistance à l’insuline et le surpoids, l’inflammation, le déséquilibre hormonal ou encore la détoxication hépatique.

Un accompagnement en naturopathie est nécessaire pour déterminer le traitement naturel le plus adapté en fonction de vos priorités.

La résistance à l’insuline et le surpoids

Le dérèglement du métabolisme glucidique est présent dans la grande majorité des cas de SOPK. Il est souvent associé à un surpoids, notamment abdominal et conduit directement à un syndrome métabolique : augmentation du tour de taille, hypertension, hypercholestérolémie, triglycérides élevés, troubles de la glycémie.

Voici une liste de plantes possibles avec certains de leurs actifs, à utiliser selon votre profil et en fonction des contre-indications (notamment en cas de grossesse) :

  • La cannelle a des propriétés hypoglycémiantes et antioxydantes. Elle agit comme antiinflammatoire et antiinfectieuse digestive.
  • Les feuilles d’olivier ont des propriétés hypotensives, hypocholestérolémiantes et hypoglycémiantes. Leurs actifs sont antioxydants, améliorent la sensibilité à l’insuline et protègent le système cardiovasculaire.
  • La berbérine a des propriétés hypoglycémiantes très intéressantes en cas de syndrome métabolique ou de prédiabète. Contre-indications médicamenteuses possibles.
  • Le ginseng a des propriétés régularisatrices du métabolisme glucidique. C’est aussi un stimulant physique et intellectuel. Contre-indications médicamenteuses possibles.
  • Le schisandra est une plante adaptogène indiquée en cas de syndrome métabolique avec surpoids abdominal. Contre-indications médicamenteuses possibles.
  • La N-Acétylcystéine ou NAC est un antioxydant qui agit qui améliore la circulation et la sensibilité à l’insuline, la fertilité et l’inflammation en lien avec un SOPK.

L’inflammation

L’inflammation est toujours présente lorsqu’il y a un syndrome des ovaires polykystiques. On ne doit pas passer à côté car elle dérègle tous les systèmes et doit donc être traitée en priorité.

Voici une liste de plantes possibles avec certains de leurs actifs, à utiliser selon votre profil et en fonction des contre-indications (notamment en cas de grossesse) :

  • Le curcuma a des propriétés antiinflammatoires puissantes, antioxydantes et protectrices du foie. Contre-indications médicamenteuses possibles (anticoagulants).
  • Le boswellia serrata a lui aussi des propriétés antiinflammatoires articulaires, digestives et respiratoires mais aussi sur la sphère menstruelle.
  • Les oméga 3 EPA-DHA sont les nutriments de la paroi cellulaire et de la gestion positive de l’inflammation (précurseurs des prostaglandines E3 antiinflammatoires).
  • La mélisse a des propriétés antispasmodiques et sédatives. Elle agit donc comme calmante des douleurs avant et pendant les règles et des sensibilités émotionnelles. Contre-indications chez les personnes souffrant d’hypothyroïdie.

Le déséquilibre hormonal

Le SOPK est une maladie qui concerne le système hormonal. Dans bien des cas, la balance œstrogènes / progestérone est mise à mal avec un excès d’œstrogènes.

Voici une liste de plantes possibles avec certains de leurs actifs, à utiliser selon votre profil et en fonction des contre-indications (notamment en cas de grossesse) :

  • L’alchémille a des actifs qui stimulent les récepteurs à la progestérone. Elle est indiquée lors de dysménorrhée, de règles hémorragiques ou encore d’acné et de mycose prémenstruelles.
  • Le gattilier a des propriétés inhibitrices de la prolactine (souvent élevée lors d’infertilité liée au SOPK) et régularisatrices du syndrome prémenstruel (comme les tensions mammaires). Contre-indications médicamenteuses possibles.
  • L’huile de lin contient des phytoœstrogènes bénéfiques en cas de SOPK, endométriose, ménopause ou d’hypertrophie de la prostate. Contre-indication lors d’antécédents de cancers hormonodépendants.

L’acné, la pilosité et la perte de cheveux

L’acné est souvent la première plainte des femmes souffrant de SOPK. Avant même celle de l’absence de règles. La pilule semble améliorer l’état du visage dans un premier temps. Mais dès l’arrêt de la contraception hormonale, l’acné reprend de plus belle.

Des changements difficiles à accepter, induits par une élévation de la testostérone et donc une hyperandrogénie. Les boutons sur le visage sont souvent accompagnés d’une augmentation de la pilosité (hirsutisme) et d’une perte de cheveux (alopécie) et d’une augmentation de la masse musculaire.

Voici une liste de plantes possibles avec certains de leurs actifs, à utiliser selon votre profil et en fonction des contre-indications (notamment en cas de grossesse) :

  • La racine d’ortie a des propriétés antiandrogéniques et antiaromatases. Elle est donc indiquée pour freiner la transformation de la testostérone en œstrogènes et limiter les effets de l’hyperandrogénie.
  • La bardane a des propriétés dépuratives de la peau. Elle agit comme antiinfectieuse et antiinflammatoire cutanée.
  • Le brocoli et en particulier son composé principal, le sulforaphane agit comme détoxiquant hépatique des œstrogènes. 
  • Le zinc contribue au fonctionnement normal du système immunitaire et à l’équilibre de la peau. C’est aussi un indispensable de la thyroïde.  

Les troubles de la digestion et de la détoxication

L’exposition de plus en plus fréquente et précoce aux perturbateurs endocriniens associée à des habitudes de vie inadaptées (alimentation transformée, stress, sédentarité, etc.) sursollicitent le foie. Il est donc important de faire régulièrement des pauses alimentaires (monodiète, jeûne) et l’aider grâce aux plantes.

Voici une liste de plantes possibles avec certains de leurs actifs, à utiliser selon votre profil et en fonction des contre-indications (notamment en cas de grossesse) :

  • Le brocoli et en particulier son composé principal, le sulforaphane agit comme détoxiquant hépatique des œstrogènes.  
  • Le curcuma a des propriétés antiinflammatoires puissantes, antioxydantes et protectrices du foie. Contre-indications médicamenteuses possibles (anticoagulants).
  • L’artichaut a des propriétés détoxiquantes et aquarétiques. Il est donc intéressant lors de constipation, de ballonnements et d’œdèmes des membres inférieurs avant les règles.
  • Le chrysantellum a des propriétés hépatoprotectrices et agit sur les insuffisances veineuses.
  • Le chardon marie a des propriétés hépatoprotectrices et agit sur le métabolisme glucidique.
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Sans oublier…

Sans oublier tout le reste ! Vous l’avez compris, l’accompagnement du SOPK est complexe. Il faut aussi penser à la thyroïde et à la gestion du stress et des émotions. Plus vous serez dans l’acception de ce que vous vivez, de votre corps en changement, plus le mouvement pourra se faire dans l’autre sens.

Cela demande du temps. Mais c’est aussi le bon moment de faire l’expérience d’une vie plus saine, plus adaptée à vos besoins et plus à l’écoute de vous-même.

Cet article a 2 commentaires

  1. Norou

    Je vous remercie une nouvelle fois, je me suis retrouvée sur tout les points de cette article complet à mon goût !
    Des années de calvaires, de recherches et d’écoute de mon corps afin de trouver solutions aux multiples symptômes que je subis..une infertilité pendant plus de 10 ans sans comprendre le pourquoi du comment.. trouver des spécialistes qui sont reconnus dans le domaine du SOPK est un parcours du combattant !
    Je suis prête à témoigner de mon expérience intime au besoin d’autres femmes qui souffrent également de cette pathologie et faire reconnaître le SOPK comme on a fait reconnaître l’endométriose après tant d’année de combat.

    1. Bonjour, effectivement 10 ans, c’est très long mais c’est la moyenne malheureusement. Merci pour ce partage, j’espère que vous avez trouvé vos solutions. Cdt

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